Distingués Représentants de la Presse,
Chers Amis,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les Journalistes
et les Représentant d’Organes de Presse résidant en Chine,
Je voudrais tout d’abord, au nom de mes collaborateurs et en mon nom propre, vous exprimer toute ma gratitude et mes sincères remerciements pour la célérité avec laquelle vous avez bien voulu accepter mon invitation à ces échanges que j’ai souhaité avoir avec vous, malgré votre programme de travail que je sais particulièrement très chargé en cette période de l’année.
Soyez assurés que nous apprécions à sa juste valeur votre présence, ce jour, dans notre maison, la Maison de la C?te d’Ivoire en République Populaire de Chine : une présence aussi représentative que qualitative qui vous permettra, j’en suis s?r, de vous familiariser davantage avec mon pays, de mieux vous imprégner de ses réalités politiques actuelles et des conséquences qui pourraient en découler sur la vie de la Nation toute entière.
J’aimerais également saisir cette opportunité que vous m’offrez ce matin, pour vous adresser au passage, les salutations très amicales de vos confrères ivoiriens, dont certains ont eu le privilège d’être re?us ici-même en Chine ou dans vos pays respectifs, à l’occasion des séminaires de formation de haut niveau organisés à leur intention au sein de vos prestigieux groupes de presse.
Je signale pour illustrer mon propos, qu’une équipe de la cha?ne de télévision chinoise, la CCTV5, séjourne depuis quelques semaines en C?te d’Ivoire dans le cadre d’une série de reportages sur les équipes nationales africaines qualifiées pour les phases finales de la prochaine Coupe du Monde de Foot-Ball en Allemagne.
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Ces échanges, il convient de le souligner sont les signes évidents des excellentes relations d’amitié et de coopération qui unissent, à notre satisfaction à tous, vos pays respectifs au mien, sur le plan culturel notamment.
Mesdames et Messieurs les journalistes, pour faciliter ces échanges avec les éminents Représentants de la Presse que vous êtes à divers titres, permettez-moi, dans une introduction liminaire, de vous situer sur l’objet réel de cette Conférence de Presse. Il s’agit essentiellement pour moi de vous informer des derniers développements de la situation socio-politique en C?te d’Ivoire, et de saisir cette occasion pour vous parler des activités que j’ai déployées au cours de ces deux derniers mois, depuis mon arrivée à Beijing le mercredi 22 février 2006.
Le lendemain de cette arrivée, le 23 février à 9 heures, selon une tradition bien établie en Chine, après en avoir remis la copie figurée à Madame le Directeur Général du Protocole du Ministère des Affaires Etrangères, le Président de la République Populaire de Chine, Son Excellence Monsieur Hu Jintao m’a fait l’honneur insigne, au cours d’une cérémonie très protocolaire et très solennelle le 15 mars 2006, de 17 h 40 à 18 h, date qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, de lui présenter les Lettres par lesquelles le Chef de l’Etat ivoirien, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo, a bien voulu m’accréditer auprès de lui et de la République Populaire de Chine, en tant que nouvel Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de C?te d’Ivoire.
Au cours des entretiens que le Chef de l’Etat chinois, a bien voulu m’accorder à l’issue de cette cérémonie, je me suis tout d’abord acquitté d’un agréable devoir, celui de transmettre au premier des Chinois, les salutations amicales et très fraternelles de son homologue ivoirien, Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, ainsi que ses v?ux les plus ardents de bonheur, de prospérité et de succès pour le grand peuple frère de Chine.
J’ai eu aussi le grand privilège d’aborder avec lui, outre les dossiers d’intérêt commun à nos deux pays, les questions touchant à la coopération entre la Chine et le Continent africain dans son ensemble, et d’autres sujets sensibles de br?lante actualité, notamment la tenue du Forum sur la Coopération entre la Chine et l’Afrique, prévu à Beijing au début du mois de novembre 2006, Forum dans lequel nous pla?ons tous les espoirs et dont nous attendons des résultats concrets dans l’intérêt des peuples chinois et africain.
A l’issue de ces entretiens que je puis qualifier d’utiles et de fructueux, et ce particulièrement grace à l’esprit de sagesse et à la haute élévation de pensée dont a su faire preuve Son Excellence Monsieur Hu Jintao, je puis vous assurer que les questions que nous avons abordées, les opinions que nous avons exprimées, et les idées que nous avons émises sur les divers sujets évoqués, ont révélé une parfaite et totale convergence de vues entre mon pays et la Chine.
Pour nous indubitablement, la stabilité politique de la Chine ces dernières années, et le prestige dont elle jouit auprès de la Communauté Internationale, sont le fruit du dynamisme, de la rigueur et du sens de la discipline que les hauts responsables chinois ont su inculquer à leurs concitoyens, dans la mise en ?uvre des réformes difficiles mais salutaires, et bénéfiques pour le peuple chinois.
Grace aux différentes mesures structurelles rendues nécessaires par ces réformes économiques, le pays est parvenu en si peu de temps à un essor économique à tous points de vue remarquable.
Le taux de croissance économique en dépit d’une conjoncture internationale difficile, s’est toujours maintenu et se maintient année après année depuis plus de quinze ans, autour de 8 %.
Le produit intérieur brut en nette progression ces dernières années, s’est accru en 2005 de 9,9 % par rapport à l’année 2004, propulsant ce pays de la 7ème à la 6ème, et même à la 4ème place mondiale, si l’on prend en compte les statistiques de 2005.
Le programme de restructuration des entreprises d’Etat s’est poursuivi sans relache. Grace à ce dynamisme à nul autre pareil, le pays s’est doté d’infrastructures de développement adéquates, et il vient d’entreprendre une politique ambitieuse de rééquilibrage des fruits de la croissance dont les résultats sont déjà palpables dans l’Ouest et le Nord du pays.
Autant de signes tangibles, que le Gouvernement chinois met tout en ?uvre pour garantir la stabilité sociale, et édifier une société harmonieuse et ce, afin de permettre à tous les citoyens, de profiter des accomplissements de la réforme et de l’ouverture en assurant la prospérité à tous.
Au plan politique, la Chine a engagé avec détermination la politique de réunification nationale sous la bannière d’une seule Chine. Comme je l’ai fait le 15 mars dernier, je voudrais ici saisir l’occasion pour exprimer les sincères félicitations du Président de la République, Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, du Gouvernement et du peuple ivoiriens, aux plus Hautes Autorités et au peuple chinois pour leur politique clairvoyante de solidarité qui a permis la rétrocession de Hong Kong et de Macao à la Chine, après un demi siècle d’administration britannique et Portugaise.
De même nous avons naturellement grand espoir que les autres citoyens chinois de Ta?wan reviendront bient?t reprendre leur place au sein de la grande famille chinoise, ressoudée autour des dirigeants de Beijing.
En C?te d’Ivoire, nous suivons avec beaucoup d’intérêt cette performance qui est à mettre à l’actif du dynamisme, de la clairvoyance, de l’intelligence et de l’esprit de maturité du peuple chinois, sous la haute direction du Parti Communiste et de l’Etat chinois, dont la politique d’ouverture, en l’espace de 20 ans, a contribué à faire de ce pays, une puissance émergente dans le monde et un p?le de paix, de stabilité , et de croissance économique en Asie, qui en ont fait le pays en développement le plus développé du monde, et dans lequel j’éprouve une grande fierté de me retrouver et de servir.
La Chine et la C?te d’Ivoire, deux pays qui ont tant d’intérêts communs, partagent les mêmes vues sur nombres de questions internationales, qu’il s’agisse des problèmes de Droits de l’Homme, de la solidarité internationale dans le respect des différences, ou de ceux relatifs à la paix entre les Etats.
En effet tout comme la Chine, la C?te d’Ivoire reste profondément attachée à la paix, au respect de l’intégrité territoriale des Etats et à la non ingérence dans leurs affaires intérieures, et privilégie de ce fait, le dialogue, la concertation et la négociation comme seules voies de règlement des différends entre Etats.
En matière de Droits de l’Homme, mon pays est d’avis concordant avec le Gouvernement chinois et note avec satisfaction que la compréhension de l’universalité de ces Droits prend aujourd’hui d?ment en compte le droit à une vie meilleure, au bien-être des populations et au développement.
Sur la question de Ta?wan qui a connu un développement malheureux ces dernières semaines, avec la récente décision unilatérale des Autorités Sécessionnistes de l’?le de mettre fin au fonctionnement du Conseil pour l’Unification Nationale et la mise en ?uvre du Programme pour la Réunification, la C?te d’Ivoire déplore cette décision incompréhensible, réductrice de paix et attentatoire à la politique de réconciliation et de réunification mise en ?uvre par les Autorités centrales de Beijing.
Elle s’en tient donc au principe d’une seule Chine et reconna?t la République Populaire de Chine comme le légitime et unique représentant de la Chine, dont Ta?wan reste et demeure partie intégrante.
J’ai eu également l’honneur de rendre des visites de courtoisie à des personnalités chinoises de haut rang et issues de différentes administrations : les Ministères du Commerce, de la Défense et des Affaires Etrangères où le premier responsable de ce Département , Son Excellence Monsieur Li Zhaoxing, m’a fait l’amitié de me recevoir en audience.
Je me suis également rendu au siège de l’Association du Peuple Chinois pour l’Amitié avec l’Etranger ainsi qu’à la Direction Générale du Centre de Recherche pour le Développement du Conseil des Affaires d’Etat, où j’ai été re?u au plus haut niveau. Toutes ces visites ont été précédées par celle que je me suis fait un devoir d’effectuer auprès de la Direction du Parti Communiste Chinois où j’ai pu discuter avec les premiers responsables chargés des Relations avec les pays d’Afrique Francophone.
Le même accueil m’a été réservé tant dans les Régions Administratives Spéciales de Hong Kong et de Macao que dans les Provinces de Guandong, Qinga?e et Henan où j’ai eu des discussions approfondies avec les responsables des Gouvernements locaux.
De même à Beijing, depuis mon arrivée, j’ai rendu des visites de courtoisie et d’amitié à plus de 50 de mes collègues Ambassadeurs issus des différentes régions du Monde. Avec eux tous sans exception, des Autorités Chinoises aux Ambassadeurs étrangers en poste à Beijing, tous ces grands principes ont été réaffirmés ainsi que la ferme volonté de renforcer davantage les relations d’amitié et de coopération tant entre la Chine et nos pays respectifs d’une part, qu’entre eux-mêmes d’autre part. Je suis heureux d’avoir re?u de tous, l’assurance de pouvoir bénéficier de leurs conseils utiles, précieux, sages et avisés, afin de m’aider à accomplir avec succès ma mission en Chine.
Ce qu’il faut retenir de tous ces contacts, c’est que la Chine a une claire et haute conscience de ses responsabilités vis-à-vis de notre Continent et de nos pays, dans le respect de nos différences et de nos spécificités, c’est à dire en ménageant nos susceptibilités sur les questions de principe sur lesquelles nous ne saurions transiger et qui sont relatives à notre souveraineté politique et à notre indépendance économique. Bref à notre dignité et à notre liberté qui ne sont pas prêtes à se laisser imposer des conditionnalités politiques quelles qu’elles soient et d’où qu’elles viennent.
Bien entendu, la situation socio-politique en C?te d’Ivoire a été largement abordée avec tous mes interlocuteurs. Comme vous le savez, Mesdames et Messieurs les Journalistes et Honorables Représentants des Organes de Presse résidant en Chine, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, mon pays a été l’objet d’une attaque téléguidée de l’extérieur et entretenue de l’intérieur, sous la forme de revendications militaro-corporatistes.
Cette attaque qui n’était ni plus ni moins qu’une tentative de coup d’état, visait en fait à renverser l’ordre politique établi, et à changer la nature du régime que les Ivoiriens, dans une large majorité, s’étaient librement donné le dimanche 22 octobre 2000.
Ayant échoué dans ses noirs desseins, le coup d’Etat avorté s’est vite mué en rébellion armée, qui dure depuis bient?t 4 ans et qui a eu et continue de provoquer des conséquences incalculables et dramatiques, pour le peuple ivoirien et pour la C?te d’Ivoire tout entière.
La C?te d’Ivoire qui nous est si chère à tous nous autres Ivoiriens, cette C?te d’Ivoire autrefois un havre de paix et de stabilité en Afrique, un modèle de développement économique, une destination rêvée et prisée des touristes et des hommes d’affaires de tous horizons.
Cette C?te d’Ivoire, naguère Terre des hommes épris de paix et de liberté, Pays d’accueil et à l’hospitalité légendaire qui lui a permis de recevoir sur son sol bien avant les indépendances, de nombreux ressortissants des pays frères et amis, et qui constituent aujourd’hui près de 30 % de la population ivoirienne.
Ces conséquences incalculables et dramatiques de la guerre pour notre peuple sont les suivantes :
? Des centaines de morts ;
? Des dizaines de milliers d’exilés, de victimes et de déplacés de guerre ;
? Un territoire divisé en deux ;
? Une économie en lambeaux ;
? La haine, la méfiance, la suspicion et la division entre citoyens d’un même pays ;
? Des tentatives répétées de déstabilisation du pays et de fragilisation du régime ;
? L’interruption ou la suspension de l’aide économique internationale et des appuis budgétaires extérieurs ;
? La délocalisation des sièges de certaines Institutions Internationales et Africaines ;
? La fermeture temporaire ou définitive de quelques missions diplomatiques ou consulaires ;
? L’intervention en C?te d’Ivoire de la force fran?aise Licorne et des casques bleus de l’ONU ;
? Les différentes tentatives de règlement de la crise ivoirienne par la Communauté Internationale à travers la tenue de différents Sommets ici et là dans le monde : de Lomé à Paris avec les fameux Accords de LINAS- MARCOUSSIS et de KLEBER, d’Accra à Addis-Abeba, d’Abuja à Pretoria, sans compter Dakar, Niamey, Libreville, Cotonou, Bamako, Ouagadougou, Syrte, et bien d’autres Capitales africaines et étrangères ;
? La nomination d’un Premier Ministre et la constitution d’un Gouvernement dit de réconciliation nationale ;
? Le blocage et le mauvais fonctionnement des institutions de la République ;
? La désignation de plusieurs médiateurs dans la crise ivoirienne ;
? Le report des élections générales ;
? L’implication accrue des Nations Unies et de l’Union Africaine dans la recherche de solution à la situation en C?te d’Ivoire, avec notamment la nomination d’un Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en C?te d’Ivoire, d’un Haut Représentant chargé des élections, et de l’adoption de la résolution n° 1633 du Conseil de Sécurité, ainsi que de la création du Groupe de Travail international chargé du suivi de la situation en C?te d’Ivoire.
Telle est la situation qui prévaut aujourd’hui en C?te d’Ivoire.
Il convient de préciser que, même si mon pays conna?t parfois certains soubresauts au demeurant fort compréhensibles, comme les événements de Janvier dernier, avec les manifestations de la population à la suite de la décision du Groupe de travail International de ne pas prolonger le mandat des députés, la situation s’est quelque peu relativement, voire positivement, stabilisée depuis bient?t deux ans.
Il est vrai, la C?te d’Ivoire est en situation de guerre depuis bient?t 4 ans et, depuis lors, le pays est coupé en deux. Mais ce qui est paradoxal dans cette situation, c’est que, au plus fort de la crise, à ses débuts, c’est à dire dans des moments d’extrêmes tensions entre les deux camps protagonistes, la circulation des personnes et des biens n’a jamais été vraiment totalement interrompue, les Ivoiriens ayant continué et continuent à se déplacer, sans trop de désagréments, d’un point à l’autre du territoire national ; certains déplacés de guerre sont retournés dans leur région d’origine ; la plupart des frères étrangers ayant fui vers les Etats voisins au début de la crise, sont revenus dans le pays, et notamment dans les zones forestières du Sud-ouest et de l’Ouest. Les Ressortissants du Nord présumés violentés à Abidjan et dans le Sud de la C?te d’Ivoire demeurent massivement dans toutes les zones contr?lées par les forces de sécurité et de défense loyalistes.
Leurs frères restés au Nord continuent à se rendre à Abidjan et ceux d’Abidjan à aller au centre et au nord. De plus, les mariages inter-ethniques et inter-religieux n’ont guère cessé. C’est dire que quoique difficile, lassante et quelque peu déprimante pour tout le monde, la situation est quasi normale en C?te d’Ivoire.
Lorsque vous arrivez à Abidjan pour la première fois, après avoir entendu les commentaires orientés de certains organes de Presse étrangers aux ordres, l’on est agréablement surpris de constater que notre capitale politique ainsi que la plupart des autres villes du pays, ne portent guère en elles les stigmates de la guerre. C’est tout cela la spécificité ivoirienne.
C’est dire que notre pays, la C?te d’Ivoire, ne ressemble point à ce qu’en disent les éternels négateurs patentés des réalités ivoiriennes pourtant tangibles.
La C?te d’Ivoire n’est donc pas en guerre mais en situation de guerre.
La C?te d’Ivoire n’est pas en belligérance, mais en état de belligérance.
Elle est en situation de ni paix, ni guerre, laquelle en 4 ans n’a tempéré ni altéré en rien l’ardeur des Ivoiriens de demeurer malgré et envers et contre tout, des frères.
C’est dans ce contexte de ni paix ni guerre et d’extrême tension politique due à la non tenue des élections générales que sont survenues, avec l’approbation du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, la nomination le 4 décembre 2005 au poste de Premier Ministre, du Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, (BCEAO) Monsieur Charles Konan Banny, ainsi que la formation, le 28 décembre, de son Gouvernement comportant toutes les sensibilités politiques, et la claire définition de sa feuille de route.
C’est dire également que tous les ingrédients, spirituels, psychologiques, politiques, économiques, sociaux, culturels et religieux, sont aujourd’hui réunis pour faciliter le retour, à court terme, de la paix en C?te d’Ivoire. J’en veux pour preuve les derniers développements positifs survenus à un rythme accéléré ces dernières semaines :
- L’harmonie existant au niveau de l’Etat entre le Président de la République et le Premier Ministre qui travaillent en équipe;
- La tenue à Yamoussoukro du 9 au 11 février 2006 du séminaire gouvernemental sur le programme de sortie de crise ;
- Le bon déroulement et le succès du Sommet des 4 principaux Leaders politiques et du Premier Ministre le 28 février 2006 à Yamoussoukro. Sommet sur la crise ivoirienne qui s’est tenue pour la première fois, je tiens à le souligner, sans témoins ni facilitateurs étrangers ;
- Le consensus politique ayant abouti à la mise en place et à la reprise effective des activités de la Commission Electorale Indépendante ;
- Le constat des 4 grands Leaders politiques selon lequel la Résolution n° 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies et la Constitution ivoirienne ne sont pas antinomiques ;
- L’accord sur la nécessité du respect du bon fonctionnement de la Radio Diffusion Télévision Ivoirienne ;
- Les discussions ayant cours entre les Etats-Majors des Forces de Défense et de Sécurité et des Forces Nouvelles en vue de parvenir à la réunification de l’Armée Nationale de C?te d’Ivoire et à l’effectivité du désarmement ;
- Le tête-à-tête fructueux du 14 mars entre le Président Laurent GBAGBO et Guillaume SORO, ainsi que les entretiens de ce dernier le même jour avec le Premier Ministre Charles KONAN Banny, le Président Henri Konan Bédié et le Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara ;
- Et celui non moins fructueux du 12 avril à Abidjan entre les deux hommes afin de renouer le fil du dialogue militaire interrompu suite à des incompréhensions dues à des impératifs de sécurité ;
- Le retour effectif de Guillaume SORO au Conseil de Gouvernement et au Conseil des Ministres depuis le 15 mars, après une absence de 18 mois, et l’intérim du Premier Ministre assuré à trois reprises par celui-ci ;
- La visite de deux jours du Premier Ministre à Bouaké, suivie de celle du Ministre de la défense, Monsieur René APHING Kouassi ;
- La nouvelle impulsion donnée au processus de désarmement, Démobilisation et Réinsertion avec la nomination à la tête de la Commission Nationale chargée de ces questions, la ? C.N.D.D.R ? avec rang de Ministre d’Etat, du Général Gaston Ouassenan Koné, avec la bénédiction de toutes les forces politiques en présence ;
- Le retour dans les villes de Blolequin et de Toulepleu depuis le 29 mars, après les malheureux incidents des 15,16 et 17 janvier qui ont vu la mort de 5 jeunes Ivoiriens à Guiglo, de 2 Unités des Casques Bleus de l’ONU, en attendant la venue dans quelques semaines des Forces de l’ONUCI à Guiglo et à Duékoué.
- Le début du redéploiement de l’administration dans les zones sous contr?le des Forces Nouvelles ;
- L’organisation récente dans lesdites zones, pour la première fois depuis la partition du pays, des examens de fin d’année, du BEPC et du Baccalauréat, avec la participation d’une dizaine de milliers d’élèves ;
- Le succès de la visite en C?te d’Ivoire du nouveau Président de l’Union Africaine, Son Excellence Monsieur Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo qui, au terme d’un séjour de 4 jours en C?te d’Ivoire, du 5 au 8 avril, a consolidé les acquis politiques du Sommet de Yamoussoukro du 28 février entre les 4 grands Leaders politiques et le Premier Ministre, avec comme bonus la décision de procéder concomitamment et simultanément, au démarrage des deux opérations du désarmement et de l’identification, jusque là objet de litige entre les deux Camps ;
- Le bilan positif de la visite officielle d’amitié et de travail du Premier Ministre, Monsieur Charles KONAN BANNY, en France, du 9 au 15 avril, qui a permis de s’assurer de l’appui financier de la France et de la Communauté Internationale, en vue d’accélérer le retour des Institutions de Brettons Wood en C?te d’Ivoire, de permettre le financement du programme de sortie de crise, ainsi que la relance de l’économie ivoirienne et de rassurer les investisseurs.
- A cet égard, il faut rappeler qu’à l’issue d’une visite à Paris du Ministre ivoirien des Affaires Etrangères, SEM. Youssouf BAKAYOKO, le 28 mars dernier, la France avait déjà annoncé la mise à la disposition de la C?te d’Ivoire d’une somme de 3 millions d’euros en vue de financer le programme de sortie de crise ;
- Les prochaines visites du Premier Ministre dans le même esprit, aux Etats Unis du 22 au 28 avril et en Belgique du 2 au 5 mai prochain. Mais il convient de préciser que d’ores et déjà, l’Union Européenne a annoncé, le 10 avril dernier à Abidjan la mise à la disposition de la Commission Electorale Indépendante (C.E.I) de 10 milliards de Francs CFA en vue de financer l’intégralité du processus électoral et de toutes les activités qui s’y rattachent, à savoir l’identification, le redéploiement de l’administration, la réhabilitation des écoles servant habituellement de lieux de vote, ainsi que plusieurs autres activités devant être identifiées par la CEI.
Tous ces faits concrets autorisent donc tous les espoirs et justifient les sentiments d’optimisme en une sortie de crise rapide qui habitent aujourd’hui l’ensemble des Ivoiriens.
Ainsi que l’indiquait le Premier Ministre, Monsieur Charles Konan Banny le 11 avril dernier, à l’issue d’une audience avec le Président Fran?ais, Mr. Jacques Chirac : ? cela fait 3 ans que les Ivoiriens travaillent au processus de retour définitif de la paix, que beaucoup a été fait et que sur cette base là on peut fonder les espoirs que cette fois-ci sera la bonne ?.
Je voudrais saisir cette opportunité pour remercier au nom du Président de la République de C?te d’Ivoire, SEM Laurent GBAGBO, du Premier Ministre, Monsieur Charles Konan Banny, du Gouvernement et du Peuple ivoirien tout entier, toutes les Organisations Internationales et Africaines, ainsi que tous les pays frères et amis qui n’ont eu de cesse de soutenir moralement et politiquement notre pays tout au long de cette crise, et dont l’appui constant nous a permis de parvenir aux excellents résultats actuels.
Je pense tout particulièrement à la République Populaire de Chine avec laquelle la C?te d’Ivoire s’honore d’entretenir d’excellentes relations d’amitié politique et de féconde coopération, à travers notamment plusieurs projets de partenariat industriel et commercial ainsi que par la signature d’une dizaine d’accords dans les domaines multiples et variés, tels que l’agriculture, la culture, l’éducation, la formation, les infrastructures, l’Economie, le Commerce, les finances, l’exploration minière.
Symboles forts de cette coopération ivoiro-chinoise : la construction du Palais de la Culture d’Abidjan dans les années 90, la construction en voie d’achèvement, et l’inauguration en juillet prochain de la maison des Députés de Yamoussoukro, le démarrage bient?t, de la cl?ture de cet édifice, ainsi que des travaux de construction, toujours à Yamoussoukro, du Palais de l’Assemblée Nationale et de la salle de Conférences du Ministère des Affaires Etrangères et de ses bureaux Annexes à Abidjan.
Tout ce qui précède sont autant de signes que, malgré la crise, la Chine n’a jamais abandonné la C?te d’Ivoire.
Ne dit-on pas que c’est dans les difficultés et le malheur qu’on voit ses vrais amis ? C’est tout à l’honneur du Gouvernement et du peuple chinois auxquels nous voulons redire ici toute notre admiration et lui adresser nos plus vifs et sincères remerciements tant pour la qualité que pour la sincérité et la solidité de ses relations avec le Gouvernement et le peuple ivoiriens.
CONCLUSION
En guise de conclusion il faudra retenir de cette Conférence de Presse, essentiellement ce qui suit :
1. La C?te d’Ivoire et la Chine sont deux pays amis et frères qui entretiennent depuis 23 ans d’excellentes relations d’amitié et de coopération qui ne cessent de s’améliorer au fil du temps et qui sont appelés à conna?tre, dans le futur, des Sommets d’excellence encore plus élevés. Ces relations qui se caractérisent par une parfaite et totale convergence de vues sur les problèmes d’intérêt commun et sur les grandes questions internationales et africaines de l’heure, sont basées sur le respect, la compréhension, et la confiance mutuels, dans la stricte observance de nos différences et de nos spécificités respectives.
2. Présente en C?te d’Ivoire depuis 1983, la Chine est plus que jamais imprégnée des réalités et des évidences socio-politiques ivoiriennes.
3. Elle sait avec nous que, malgré la sale guerre qui lui a été imposée depuis 4 ans, le c?ur de la C?te d’Ivoire n’a pas cessé de battre. En dépit de la partition de fait du territoire, le pays continue de fonctionner sous la haute autorité et grace à l’esprit de sagesse et d’humilité de SEM Laurent GBAGBO, Président de la République de C?te d’Ivoire. C’est en effet en grande partie au Chef de l’Etat ivoirien que notre pays doit les avancées positives, constructives et significatives obtenues ces toutes dernières semaines dans la perspective du règlement de la crise. Malgré les humiliations qu’on a tenté de lui faire subir à LINAS MARCOUSSIS et à KLEBER en janvier 2003, il a fait preuve de son don de soi pour la C?te d’Ivoire et sut ainsi privilégier les intérêts de notre pays en acceptant de constituer un Gouvernement de Réconciliation Nationale , de participer personnellement et activement à tous les Sommets sur la C?te d’Ivoire, de signer tous les Accords en ayant découlé, de discuter avec ses opposants et de matérialiser sa bonne foi par l’adoption et la promulgation le 5 ao?t 2003 d’une loi d’Amnistie.
Le Président Laurent GBAGBO a donc fait sa part. Il a pris une grosse part aux efforts de règlement tant interne qu’international de la Crise ivoirienne. Cela doit être reconnu. Que justice lui soit donc rendue.
Avec lui, il faut également saluer les efforts réels, admirables et constants de tous les protagonistes de la crise ivoirienne, efforts qui vont nous permettre d’aboutir, le Dimanche 29 octobre 2006, au plus tard en principe, dans des conditions irréprochables, à l’organisation, dans notre pays, d’élections présidentielles démocratiques, justes, transparentes, équitables, ouvertes et acceptables par tous.
Je veux parler du Président Henri Konan Bédié, du Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara, du Chef des Forces Nouvelles, Mr. Guillaume SORO ainsi que de toutes les Parties Signataires des Accords de Linas-Marcoussis du 24 janvier 2003, auxquels il convient de rendre un hommage vibrant, juste et mérité pour l’amour qu’ils démontrent sans cesse, par leur action, pour la C?te d’Ivoire .
Il convient aussi d’apprécier à sa juste valeur la part personnelle, active et positive, prise par le Premier Ministre, Monsieur Charles Konan Banny, depuis sa nomination le 4 décembre 2005, dans le processus de sortie de crise. Il faut reconna?tre que ce sont son intelligence, sa patience, sa persévérance, son tact, sa propension naturelle au dialogue et à la concertation, qui l’ayant amené à travailler en tandem avec le Chef de l’Etat, ont permis le retour de la confiance au niveau de tous les acteurs politiques ivoiriens et justifient l’ivoiro-optimisme de ces derniers jours.
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les Distingués Journalistes et Honorables Représentants d’Organes de Presse ici présents, je voudrais donc solennellement vous demander d’être mes fidèles interprètes auprès des Hommes d’Affaires, des Opérateurs Economiques et des Bailleurs de Fonds de tous horizons, ainsi que de tous les hommes épris de paix et de liberté et des autres Citoyens du Monde, pour leur dire que notre pays s’apprête à refermer derrière lui dans quelques mois, les portiques de 4 années de guerre, et qu’il est d’ores et déjà prêt à les accueillir maintenant, pour explorer et exploiter avec le Gouvernement, toutes les possibilités de coopération, en vue de financer son programme de sortie de crise et de reprendre ainsi le chemin du développement et de la croissance économique.
Je vous remercie./-
Fait à Beijing, le 17 avril 2006.
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